La grande traversée

Théoriquement, la traversée d’Est en Ouest, en ligne directe, n’est autorisée que les week-ends ou durant la première quinzaine d’août… et ce pour des motifs militaro-politico qu’il faudra aborder publiquement un jour ou l’autre.
Bref, allez savoir si ce jour-là était un jour de guerre sur le lac ou pas, en tout cas, il faisait beau, le vent était au Nord-Nord-Ouest. Alors, quasiment sur un seul bord de près, on peut traverser les 12 km qui nous séparent de l’autre rive.
Surtout que l’on se propose de « rester chez nous »…

Car, en effet, on ne sait pas quel miracle, la commune de Sanguinet ne s’est pas fait complètement dépouillée de sa zone lacustre, tant au moment de l’établissement des cadastres officiels, les communes de Biscarrosse et La Teste de Buch (la Tête de Bois) avaient les dents longues…
C’est de l’histoire pas très ancienne dont il est difficile de retrouver les traces officielles. Mais ça va venir…

En attendant, toutes voiles dehors, direction Sanguinet-Dunes !

A l’aller et au retour, les deux multimonos resteront le plus souvent au contact. C’est très impressionnant, deux grands voiliers bord à bord sur un lac quasiment désert.

Au pied de Sanguinet Dunes, il y a toujours deux places réservées pour la marine à voile de Sanguinet, à l’ombre des deux pins ayant survécu à bien des tempêtes.

Vous trouverez l’atmosphère de cette belle escapade sur la vidéo qui suit (à voir sur youtube, en grand). Avec de longs plans séquences, ce qui est tout à fait contraire à l’esprit saccadé et saccagé des youtubeurs.

 




 

Cap au Sud !

Par les temps qui courent, on n’a plus besoin de regarder la météo pour connaître les conditions de navigation ! C’est tous les jours du grand beau temps et du vent bien établi l’après-midi.
Pourvu que ça dure.
Cette année, Philippe et sa fille Clémence sont devenus des experts du multimono !

Ils sont tous deux capables de partir pour la journée sur n’importe quel mulimono. Que les vacanciers deviennent autonomes sur voilier, c’est un des buts de notre action sur Sanguinet.
Et ce 25 juillet, Francis, sur Caminar…

… est venu tester la résistance et de l’équipage autonome.
Une bonne confrontation, du beau spectacle sur le lac !




 

24 juillet, l’expédition…

A Sanguinet aussi, il fait chaud et très beau… Et malgré l’anticyclone, on trouve toujours un peu de vent pour naviguer !

Les volontaires de cette journée sont surtout des… femmes !
Les hommes se reposent avant d’affronter les autres mâles à la pétanque…

A la barre, on retrouve la blonde Soizic et son père Éric qui vit ses derniers moments à Sanguinet avant d’aller travailler pour deux ans en… Californie ! Les spécialistes français du calcul des positionnements des satellites sont très demandés aux states.
Et donc, aujourd’hui, sans GPS, sans carte, on va essayer de trouver la « plage des ânes », à la demande de Julie, de sa mamie (qui est déjà allée souvente fois aux Caraïbes).
Alors, comment s’est passée la confrontation avec les animaux sauvages du marais ?

La réponse dans la vidéo qui suit :




 

3 bateaux désormais visibles

Et oui… Mais avant d’en arriver là, il fallut de nouveau couler les deux corps morts de 160 kg sur le futur lieu d’ancrage de Liku.
Donc, tôt le matin, toute l’équipe des phares zé balises de Sanguinet se retrouva sur la plage avec le désormais célèbre radeau de la compagnie. Les ingénieurs de  la compagnie relèvent donc le gros corps mort avec sa grosse chaîne de 80 cm de long.

Lorsque l’ensemble flotte, grâce aux bidons calés sous les palettes, il faut amener le radeau à 100 m du rivage.

Puis, à l’endroit voulu, la charge est descendue petit à petit.
Et, à cette occasion, nous allons assembler les deux corps morts et les deux grosses chaînes par un système de manilles et émerillon… un peu plus professionnel :

Évidemment, l’installation sous l’eau de ces attaches nécessite l’expertise d’un plongeur professionnel.

Qui dit plongeur dit Pierre, celui qui passe plus de temps sous l’eau que sur l’eau. Et c’est donc ainsi que les deux nouveaux corps morts furent reliés pour résister aux tempêtes.
Et comme le chantier alla plus vite que prévu, on en profita pour retirer du fond du lac quelques objets étranges,
tel ceci :

Il pourrait s’agir d’une très vieille partie de balise, en fonte. Et comme sous la couche d’argile déposée, on a retrouvé des traces de peinture rouge, il s’agirait d’une balise babord… Cette pièce métallique provient probablement du bassin d’Arcachon, du temps  où le balisage n’employait pas de plastique.

Et donc, l’après-midi, Liku retrouvait les eaux du lac…

Et bientôt, on retrouvera Liku sur les vidéos 2018 !




 

Navigation de plaisance et navigation plus sportive…

C’est pas facile de « filmer » sur un voilier. S’il y a beaucoup de vent, on se retrouve occupé dans les manœuvres, s’il fait un temps de navigation de promenade… il n’y a plus d’exploit à montrer, sinon le soleil, l’eau bleue, la forêt verte et les passagers.
Dans cette vidéo sous beau temps et petit force 3 de tourisme, se trouve cependant un passage filmé par temps plus gris et sérieusement venté, du force 4 et 5. Ce jour-là, Caminar, avec Jacques et Francis, était parti avec toute la toile. Une demi-heure plus tard, Potemkine, avec Philippe et Clémence appareillait avec un ris dans la grand voile et le « petit foc ».
Quand les deux bateaux se trouvèrent en milieu de lac, au coude à coude, Potemkine (un tiers moins toilé) rattrapait facilement Caminar et le laissait loin derrière.
Trop toilé et donc trop gité, Caminar n’était plus dans ses lignes. L’équipage se trouvait donc contraint à d’incessantes manœuvres pour redresser le bateau, etc.
Il faut donc bien naviguer avec la voile du temps qu’il fait…




 

Liku bientôt prêt !

A l’aube des années 2000, après sa première affectation aux Phares et Balises de Bretagne, Sébastien fut muté sur l’île de Wallis et plus précisément à Liku, petit village de 590 habitants, situé à proximité de la capitale Mata utu.

Wallis et Futuna…
2 ilots de l’Océan Pacifique que l’on représente bien souvent côte à côte sur une même carte alors qu’ils sont séparés par 250 km. Ces deux ilots firent le bonheur des chansonniers des années 60 lorsqu’en pleine hégémonie gaulliste les comiques radiophoniques parodiaient l’annonce des résultats électoraux de Wallis et Futuna…
Sébastien arbore toujours le logo du service des Travaux Publics de Wallis et Futuna, sur lequel, bien-sûr, figurent la piste toute droite, le casque de chantier et l’équerre du géomètre… mais aussi un étrange instrument qui n’est autre que le Tanua, dans lequel les wallisiens mâles pilonnent les racines de Kava afin de fabriquer la boisson locale, boisson sacrée qui se consomme lors des cérémonies nombreuses (à ne pas confondre avec le kawa du Calvados).
Qui dit île du Pacifique, dit récif de corail l’entourant…

D’après gougole, on verrait là, l’espace maritime compris entre le rivage de Liku et le récif coralien que l’on aperçoit en limite d’horizon, lequel récif serait ici surmonté de deux petits îlots plantés de cocotiers verdoyants…
Après avoir formé sur place des équipes techniques capables d’entretenir les passes maritimes (notamment en construisant des… radeaux pour dépose de corps morts !), Sébastien partit pour Nouméa, dans la même région mais à plus de 3 000 km quand même.
Et Liku fut construit à Nouméa et navigua dans le lagon de Nouméa avant d’être rapatrié en France par conteneur.

Donc, au bout de 10 ans de bons et loyaux service, Liku avait besoin de se franciser, de se délester des traces de coraux agressifs comme dans le puits de dérive :

Sébastien a donc entrepris depuis deux mois un suivi méthodique de toutes les zones de la coque qui avaient pu être rayées et donc attaquées par les bactéries xylophiles.
La moindre trace d’impact fut traitée à fond :

Et les célèbres grands numéros d’immatriculation maritimes furent eux aussi enlevés (conformément à la fronde des voiliers de France refusant de se soumettre au diktat administratif visant à imposer l’affichage des immatriculations).

Après avoir refait les intérieurs de coffre (cf comptes rendus antérieurs), il s’attaqua au tableau arrière, retour au bois, et traitement complet pour arriver à ceci :

Ah ! ah !… cela  va avoir du succès sur le lac !
Et après avoir repeint le pont, les bordés et les plats bords… il fallut coucher Liku sur le flanc afin de sortir la dérive, retraiter le puits de dérive et surtout retraiter toutes les parties immergées.
Commencèrent alors les grandes manœuvres dites de retournement que l’on fait d’habitude avec les portiques spécifiques et deux palans, un à l’arrière soulevant le bateau par l’intermédiaire d’un tube costaud reprenant l’axe longitudinal du bateau et un palan à l’avant.
Mais,
cette fois, on voulait tester une nouvelle technique (mentionnée par Claude) qui prétendait se passer du tube d’axe central arrière…
Les 3 minutes de la vidéo suivante vous résument les 3 heures de manœuvres réelles :
(Soyez patient pour le téléchargement)

Et donc, Liku se retrouva effectivement sur le flanc babord grâce au bon vieux tube qui avait précédemment servi à Potemkine et Caminar…

Et dans cette position, tout travail sur le fond du bateau s’avère plus facile…

Se posait alors la question du revêtement à passer sur les fonds une fois l’ancienne couche poncée : peinture ou antifouling, ou antifouling sur peinture ?
Après recherche technique il est apparu que seul l’antifouling, outre sa capacité à décourager les algues, était le seul revêtement totalement étanche et donc il s’avérait que ce « maudit » antifouling pas très écolo serait le meilleur rempart contre tout risque d’osmose !
Sébastien a donc poncé, lavé, passé une couche d’accroche de couleur grise puis deux couches d’antifouling blanc.
Et, effectivement cela a de l’allure.
Et l’on remarquera la bande bleue qui souligne la ligne de bouchain.

Dérive et safran ont eux aussi subi le même traitement, après une couche de mastic 8020 partout ou c’était nécessaire. Pour la dérive, Sébastien a gardé la couleur d’antifouling rouge. La tradition.

Re-peinture complète (3 couches) des deux flotteurs. Sur la surface bleue viendront se coller les lettre LIKU, en bleu ciel…
Ça va faire un malheur…

De nouveau sur les bers roulants… Liku sera mis à l’eau très prochainement. Reste à régler la question (financière) de son moteur d’appoint. On pencherait pour un moteur Torqeedo électrique, assez puissant et facile à transporter.
La suite, bientôt…




 

début juillet 2018…

Début juillet connut des journées de très fortes chaleurs. C’est normal, mais tout de même, plusieurs jours d’affilée à 35°, ça interroge. Dans ce cas, on s’attend forcément à l’arrivée d’orages, de coups de vent, etc. Mais il y eut une nouveauté : des nuages aux formes bizarres, des formes inconnues dans les ouvrages de météorologie !
Et le vent sous ces nuages fut assez violent, une vingtaine de minutes suffirent pour envoyer Potemkine et Caminar en bordure des roseaux. Chacun des bateaux était amarré à un ensemble de trois corps morts de 70 kg environ. L’ensemble se désolidarisa (rupture de chaînes ou d’anneau) et un seul petit corps mort assura le ralentissement de la dérive des bateaux…
Conclusion : il fallait repenser la taille des corps morts pour faire face à ces nouveaux coups de vent que nous promet le « changement climatique ».
D’où la reprise en main de la bétonnière, la recherche des pneus plus larges, un système de chaîne plus lourd, etc.

D’où la mise en chantier de nouveaux corps morts de 160 kg dans lesquels sont fixés 6 maillons de chaîne d’encrage dignes du paquebot France !
(3,1,dm X 3,1 dm X 3,14 X 2,5 dm X 2,4 kg/dm3) + 20 kg de chaine = 160 kg (à minima).
Deux de ces engins par bateau, et l’on pourra affronter les orages de nouvelle génération.

Au petit matin, lorsque la plage est déserte, la remorque arriva avec 4 des ces engins. Les deux autres, prévus pour Liku, arriveront plus tard (Liku est en phase de peinture artistique).
Et pour placer ces corps morts à 100 mètres du rivage, il fallut inventer un engin de transport digne de la Compagnie des Phares et Balises !
Ça tombe bien, Sébastien (Liku) avait commencé sa carrière d’ingénieur TPE aux… Phares et Balises, en Bretagne. C’est donc sur ses conseils, que fut construit le nouveau radeau landais de transport de corps morts :

Francis, Jacques et Didier étaient quelque peu sceptiques sur l’efficacité des deux palettes montées sur bidons, équipées chacune d’un tréteau, reliées entre elles par des bouts de bois vissés au dernier moment,…

A la barre du haut, va venir s’accrocher un palan à chaîne. La chaîne de levage sera maintenue dans l’axe du radeau par deux tasseaux espacés de 20 cm, tout cela pour éviter que la charge ne bascule sur un côté et fasse passer l’axe du célèbre centre de gravité en deçà du non moins célèbre polygone de sustentation ! (Ah ! ils sont loin les cours de physique de classe 4ème d’autrefois… Il est vrai que de nos jours ces notions sont étudiées en licence de physique…)

Est-ce que cela fonctionne ?

Il faut d’abord faire rouler les 160 kg sur le sable jusqu’à une profondeur d’eau de 60 cm…
Puis commence l’arrimage du corps mort à la chaîne du palan :

Travail de spécialistes de la plongée sub-aquatique…

Et lentement, le corps mort va décoller du fond, l’ensemble flotte à peu près horizontalement et finalement, en moins de temps qu’il ne faut pour le dire…

… le radeau est poussé par les trois nageurs volontaires jusqu’à l’endroit choisi pour le nouvel ancrage de Caminar !

Et là, commence alors la lente descente du corps mort…

… sur les fonds sableux (mais encombrés d’algues diverses).
Reste plus qu’à refaire la même opération avec le second corps mort qu’il faudra donc ainsi déposer juste à côté du premier.

Puis, il faut replonger au fond du lac (à 2,50 m de profondeur) pour relier les deux grosses chaînes par une chaîne d’ancrage plus petite mais plus longue (8 m).

Le contact des deux systèmes de chaîne est protégé par une gaine rouge (type tuyau de pompier).
Ce n’est pas l’idéal…
La solution « phares et balises » serait plutôt celle-ci :

Grosse manille et émerillon en acier galvanisé.
Cette solution sera mise à l’épreuve pour l’ancrage de Liku.

En attendant,

Potemkine et Caminar ont repris leur place, à 100 m du rivage.
Et on verra bien ce qu’il va se passer au prochain orage !